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Cinéma & TV

Marthe Keller, une carrière suisse au rayonnement international

23 July 2026 · Par la rédaction Scoopzone

Marthe Keller, actrice suisse, lors d’un festival

Marthe Keller occupe une place singulière dans la culture suisse et européenne. Née à Bâle en 1945, elle s’est d’abord formée à la danse avant de se tourner vers le théâtre et le cinéma. Son parcours l’a conduite des scènes helvétiques aux plateaux français, puis aux productions internationales, sans jamais abandonner le travail scénique qui a marqué ses débuts.

Des débuts entre danse et théâtre

Marthe Keller naît le 28 janvier 1945 à Bâle. Elle étudie la danse classique et envisage d’abord une carrière de danseuse. Une blessure met toutefois fin à cette orientation. Elle se tourne alors vers le théâtre et commence à travailler comme comédienne en Suisse, avant de rejoindre Paris au cours des années 1960.

Cette première formation influence durablement sa manière de jouer. La précision du mouvement, l’attention portée au rythme et la maîtrise de la présence physique deviennent des éléments importants de son interprétation. Au théâtre comme à l’écran, elle privilégie une expression maîtrisée, capable de faire ressortir les tensions d’un personnage sans les souligner excessivement.

La reconnaissance du public francophone

Dans les années 1960 et 1970, Marthe Keller s’impose dans le cinéma et la télévision francophones. Elle apparaît notamment dans Le Diable par la queue, réalisé par Philippe de Broca en 1969, puis dans plusieurs productions françaises qui contribuent à élargir sa notoriété.

La télévision joue également un rôle important dans cette période. Sa participation à la série La Demoiselle d’Avignon, diffusée au début des années 1970, la rend particulièrement connue du public français. La série, tournée dans un registre romantique, s’inscrit dans une époque où la télévision accompagne la popularité croissante de comédiennes venues de différents horizons européens.

Une carrière internationale au cinéma

Le passage aux productions anglophones confirme son rayonnement international. En 1976, elle joue dans Marathon Man, le thriller de John Schlesinger porté par Dustin Hoffman et Laurence Olivier. Elle apparaît ensuite dans Bobby Deerfield, réalisé par Sydney Pollack en 1977, puis dans Fedora de Billy Wilder en 1978.

Ces films lui permettent de travailler avec des réalisateurs et des acteurs de premier plan tout en conservant une identité artistique propre. Marthe Keller n’est pas limitée à un seul registre national : son parcours passe par le cinéma français, les productions américaines et des projets européens. Cette diversité constitue l’une des caractéristiques essentielles de sa carrière.

Le théâtre, une fidélité de longue durée

Malgré sa présence au cinéma, la scène reste au cœur de son activité. Marthe Keller travaille dans le répertoire théâtral français et international, en abordant aussi bien la comédie que des textes plus dramatiques. Le théâtre lui offre une relation directe avec le public et une continuité de jeu différente de celle du tournage, où les scènes sont généralement enregistrées par fragments.

Son activité scénique s’est également développée aux États-Unis. Elle s’est produite à Broadway et a participé à des projets liés au théâtre musical. Cette expérience a renforcé son ouverture aux traditions de jeu et de mise en scène qui circulent entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

De l’interprétation à la mise en scène d’opéra

À partir des années 1980, Marthe Keller élargit son champ d’action à la mise en scène d’opéra. Elle aborde des œuvres de compositeurs tels que Giuseppe Verdi, Wolfgang Amadeus Mozart, Giacomo Puccini et Georges Bizet. Ses productions sont présentées dans plusieurs maisons d’opéra européennes et nord-américaines, ainsi qu’au Metropolitan Opera de New York.

Cette seconde partie de son parcours ne constitue pas une rupture avec son travail de comédienne. La direction d’acteurs, l’écoute de la musique et la construction d’une dramaturgie sont au centre de ses mises en scène. Son expérience du plateau lui permet d’accorder une attention particulière aux interprètes et à la lisibilité des relations entre les personnages.

Une artiste entre plusieurs traditions

Le parcours de Marthe Keller repose sur plusieurs passages : de la danse au théâtre, du théâtre au cinéma, puis de l’interprétation à la mise en scène lyrique. Cette trajectoire explique la diversité des milieux artistiques dans lesquels elle a travaillé. Elle appartient à une génération d’artistes européens capables de circuler entre plusieurs langues, plusieurs pays et plusieurs formes de spectacle.

Son identité suisse demeure un point de départ important, mais sa carrière ne se laisse pas enfermer dans un cadre national. Bâle, Paris, les scènes américaines et les grandes maisons d’opéra forment les différentes étapes d’un itinéraire construit sur la mobilité et la curiosité artistique.

Un héritage toujours visible

Marthe Keller a construit une œuvre qui dépasse la seule célébrité liée au cinéma. Ses rôles à l’écran ont contribué à sa reconnaissance auprès d’un large public, tandis que son travail au théâtre et à l’opéra témoigne d’un engagement plus vaste envers les arts de la scène.

Son parcours rappelle enfin la place que peuvent occuper les artistes suisses dans la vie culturelle internationale. Par la variété de ses expériences et par la durée de son activité, Marthe Keller incarne une carrière fondée sur la transmission, la discipline et le passage constant d’une forme artistique à une autre.